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MONDUS VIVENDI

Un tour du monde en famille

grenouille
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question Qui sommes nous ?

Aller à la rencontre des autres, c'est se confronter à la question de sa propre identité. Le voyage nous immerge dans des univers de sens moins familiers. Ce qui parait si naturel au sein de notre village se révèle n’être qu'une façon de vivre parmi d'autres.
On ne se défini pas de la même façon au sein de sa propre communauté, où prendront sens des variations infimes, que face à des modes de vie très différents. Il est bien connu que tous les blancs se ressemblent !

 

Dire qui l'on est : voilà un des exercices de style les plus difficiles au monde. L'injonction du VI siècle AVJC, "connait-toi toi-même", inscrite sur le fronton du temple de Delphes, résonne à travers les sciècles comme une des plus hautes exigences du philosophe. Occultée par des sciècles passés à connaître Dieu, elle retrouve une actualité brulante à l'apogée de l'individualisme moderne. Mais il n'est plus désormais question de "se connaitre" mais plutôt de "paraître", quand l'injonction d'être soi ("deviens ce que tu es" disait Nietzsche) laisse présider l'incertitude et "la fatigue d'être soi" (Alain Ehrenberg).

A la question qui est-tu ?, Dieu en personne répondait à Moïse avec beaucoup de prudence : « je suis qui je suis » ou « je suis qui je serai » ou « l'insaisissable », traductions incertaines du tétragramme YHWH. Il faut bien être Dieu pour avoir cette audace, et surtout pour échapper aux papiers d'identité. Le voyageur sait combien sont précieux ces quelques morceaux de chiffons qui nous relient à une nationalité, une adresse, un nom et quelques signes particuliers.grotte

L’invention du miroir est une de celles qui a le plus bouleversé l’humanité. Prisonnier de son reflet, Narcisse en a fait les frais. De quoi j’ai l’air ? Voilà bien une question subsidiaire qui a usurpé subtilement la première place dans les préoccupations humaines. Les animaux ne semblent pas partager cette inquiétude. Trop souvent, une personne se résume à son statut social et tous les signes extérieurs qui le trahissent. Difficile de passer pour un autochtone quand on est touriste ! Oui « qui on est » sera toujours en partie « d’où l’on vient » (cette part de déterminisme génétique et social en nous, ce poids du passé). Mais « qui je suis », c’est aussi « qui je deviens » (en inversant la proposition de ce brave Nietzsche), cette part de liberté qui illumine nos trajectoires, ces choix heureux ou malheureux qui se déguisent en destin pour mieux cacher la liberté qui les anime.

On n'est pas la somme de ses expériences, bien qu'elles nous façonnent, mais plutôt ce que nous faisons de ce que la vie fait de nous.

Une distribution du système d’exploitation Linux porte le nom d’ « Ubuntu », mot africain qui signifie : « Je suis ce que je suis grâce à ce que nous sommes tous ». Si « ce que l’on est » épouse parfois les contours de ce que les autres semblent faire de nous, par leurs attentes, leurs regards et leurs discours, il est toujours envisageable de s’extirper de cette pression par l’exercice de sa liberté. En revanche, imaginer être quoi que ce soit en dehors d’une relation à autrui est une pure illusion. Il n’est pas de self-made-man qui n’ait reçu des autres une éducation, une langue, une culture, des moyens technologiques, des infrastructures, etc. sur lesquels il s’appuie pour avancer. Dit autrement, je suis par nature un être de culture, inscrit dans un tissu de relations aux autres sans lequel aucune humanité n’émerge : je suis parce que nous sommes.

A la question « qui-suis-je ? », on ne répond pas la même chose à un agent de police qu’à son ami. Le moine tibétain n’aura pas la même vision de la question qu’un coach en développement personnel. Ce n’est donc pas tant une question à laquelle on ne peut répondre (quoique) qu’une question à laquelle on n’a jamais finit de répondre.
Nous avons hérité de Freud la conscience de l’inconscient et l’angoisse existentielle de ne jamais parvenir à se connaître. Pour autant, par delà les assignations identitaires, les déterminations socioculturelles et neuro-psychologiques, le destin ou le hasard, chaque personne est étonnant mélange d’enfance et de sagesse, d’émotions et de raison, parfaitement originale tout en étant similaire à tant d’autres. La personne humaine : voilà bien un insaisissable qui ne demande qu’à être connu !

Mais pour ne pas se servir de la philo comme d’une dérobade trop commode, voici quand même quelques éléments pour tenter de cerner les personnages de notre voyage, à la façon « page perso », heureusement incomplète et fragmentaire.

Cathy

Cathy

Manu aller vers Manu

Manu

Titouan vers Titouan

Titouan

Estéban vers Estéban

Estéban

 


" Now the years are rolling by me, they are rockin even me
I am older than I once was
And younger than I'll be that's not unusual.
No it isnt strange after changes upon changes we are more or less the same
After changes we are more or less the same"
Paul Simon (The boxer)

"J'suis qu'un grain de poussière
Un grain de poussière
Perdu comme un enfant
Dans l'oeil du firmament
Prisonnier d'un courant d'air
Un grain de poussière
Un fils du soleil et du vent"
Jacques Higelin

 







 

"On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave ou d'un complice ou d'un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau
S'il fallait plus que des mots ?"

JJ Goldman